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Présentation des oeuvres

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Duo (1934)
« Votre homme ? Qu’est-ce qui lui prend ?
– Il se revenge.
– De qui ?
– De ce qu’il est mon homme et que je suis sa femme. Ça suffit bien.
 Madame ne croit pas ? »

L’histoire de l’œuvre

Colette a composé la plus grande partie de Duo à Saint-Tropez au cours de l’été 1934, dans un cadre qui a probablement inspiré les descriptions de ce « petit roman », qui paraît en feuilleton dans Marianne en septembre-octobre, puis aux éditions Ferenczi en novembre.


Le fil du texte

Ce « duo », dont Colette écrit elle-même qu’il est « un peu discordant », conte deux journées, tragiquement conclues, de la vie d’un couple. Alice, qui l’approche de la quarantaine, et Michel, qui l’a dépassée, séjournent pendant les vacances de Pâques 1933 à Cransac, château que Michel possède dans le sud de la France. Celui-ci, organisateur de spectacles (auxquels Alice collabore), voit son succès décroître, et sa propriété se délabre de toutes parts. Les pluies récentes ont noyé les environs, même si le printemps s’annonce. Dès les premières pages nous voyons Michel surprendre Alice qui dissimule une lettre : elle avoue avoir eu avec Ambrogio, ami de Michel, une aventure, pour elle sans importance, mais qui détruit son mari. Pendant deux jours, ils se débattent dans une impasse, et les dernières lignes transcrivent, à la fin de la seconde nuit, la méditation entrecoupée de Michel, avant de le montrer entrant dans la rivière en crue.


Quelques pistes d’étude

Aucune voix narratrice n’intervient explicitement dans ce texte qui enregistre les scènes, paroles et gestes, qui transcrit les réflexions intérieures et les impressions. Ainsi chaque personnage est-il décrit à travers le regard de l’autre : la beauté persistante d’Alice, l’élégance fatiguée de Michel. Tout est observé : les moindres manifestations physiques des émotions, le chant des rossignols, les bruits nocturnes autour du château. Les notations poétiques orchestrent l’histoire.

Constitués d’émotions vives et de résolutions contradictoires, ces personnages flottent de façon très moderne. Du récit de leur cheminement intérieur surgit le passé, l’ancrage de Michel dans son pays natal, la jeunesse d’Alice dans un milieu « artiste », chaleureux et désargenté (celui du Toutounier).

Le « duo » apparaît comme représentatif de la guerre entre les sexes, qu’incarne à l’état brut la servante Maria, battue à coups de tisonnier par son mari qu’elle harcèle. Un monde balzacien se dessine, celui des subordonnés, des villageois aux regards scrutateurs (il faut sans cesse sauver les apparences). Face à ce chœur malveillant le couple des maîtres se hausse au niveau de la tragédie, les dernières lignes accomplissant discrètement la catastrophe qu’annonçaient les eaux montantes.


L’accueil de la critique

L’ouvrage fut reçu très favorablement, les critiques appréciant cet art d’exprimer plus que d’expliquer, et le charme du récit malgré la « médiocrité » des personnages.

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