« La maison, c’est l’affaire d’un laps indéfini […]. Si elle finit par me ressembler, ce sera peu à peu, et j’y ferai ma place comme un chien dans la paille, à force de tourner en rond. »
(Prisons et paradis, 1932)
Musée Colette
Château
89520 Saint-Sauveur-en-Puisaye
Tél. : 03 86 45 61 95/Fax : 03 86 45 55 84
musee-colette@wanadoo.fr











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La naissance du Musée Colette
Tumultueuse, comme la vie de Colette, a été la naissance du Musée Colette. Dès 1974, Colette de Jouvenel, la fille de Colette, souhaite qu’un musée soit érigé à la mémoire de sa mère dans son ultime demeure, le Palais-Royal, à Paris. Or il s’avère impossible de racheter cet appartement, malgré les interventions du Président de la République, du Ministère de la Culture, de la Mairie de Paris et de la Banque de France. Colette de Jouvenel tourne alors tous ses espoirs vers la maison natale de l’écrivain, à Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans l’Yonne. Nouveau refus, de la part des propriétaires. Aidée de la municipalité de Saint-Sauveur, Colette de Jouvenel envisage la création du musée dans le château indivis et abandonné qui surplombe le village, mais l’entreprise n’aboutit pas.
Au décès de Colette de Jouvenel en 1981, sa succession fait resurgir le projet. Son demi-frère, Bertrand de Jouvenel (et ses enfants Anne, Hugues et Henri), ainsi que Foulques de Jouvenel (fils du demi-frère, Renaud) décident de reprendre le flambeau et de mener à bien cette mission. Ils offrent à la commune de Saint-Sauveur, devenue entre temps propriétaire du château, le fonds Colette, constitué de meubles, livres et objets du Palais-Royal. Cette donation est signée en 1987 à la double condition de créer, au château, un musée et un centre d’études.
Un musée international…
Colette est un écrivain français majeur d’un rayonnement international. Pour répondre dignement et dans le long terme à une œuvre de cette qualité, il convenait d’inventer un musée exemplaire.
– Faire du musée la page où ce texte s’inscrit : montages sonores dans certains espaces, textes imprimés ou gravés tout au long du parcours. Recherche de leur insertion plastique, recherche de localisations variées et inattendues qui éveilleront l’attention et la curiosité d’un public rendu actif, comme dans un jeu de piste.
L’Ars Memoriae antique choisissait pour fixer un savoir, des « lieux » et des images inhabituelles ; ainsi cette localisation surprenante des mots fera image et sans effort, au cours de la visite, enracinera un savoir sur Colette.
– Choisir des interventions ou des dispositifs qui, par leurs propres qualités sensibles (sur le plan visuel, auditif, olfactif, tactile ou même gustatif) fonctionnent en équivalence et non en illustration anecdotique, de la sensibilité et du style propres à Colette.
C’est l’harmonisation plastique des matières, des couleurs et des rythmes, la qualité musicale du montage des textes, les exhalaisons des massifs et du parc ou la carte du salon de thé qui tenteront, en écho à la puissance des mots de Colette, de réincarner la sapidité d’un univers et d’adoucir ainsi le passage entre l’imaginaire et le réel, entre l’œuvre et son support.
Un musée est une collection. En contrepoint des collections d’objets figurant dans la reconstitution de l’appartement du Palais-Royal, se trouve exposée dans cette partie du musée la collection des « catégories » colettiennes. Collection des adresses de ses domiciles, de ses titres d’ouvrages, des fleurs de son jardin imaginaire, des lieux de son enfance, de ses portraits et des images de sa vie, des noms de celles et de ceux qui lui ont été chers et qui ont accompagné son existence, des images et des noms de ses animaux familiers, des textes emblématiques, etc.
Pas de systématisme dans le choix des moyens. Il s’agit de mêler les différents modes de représentation, chacun étant choisi pour ses qualités de « meilleur traducteur » : peinture murale, enluminures naïves, art conceptuel, photographie, film, vidéo, enregistrement sonore…
– dispositifs en intérieur et dispositifs en extérieur…
– château et jardin…
– espaces sonores et espaces silencieux…
– montée d’escalier (mur du haut = le temps qui passe, les yeux qui voient) et palier du haut (l’espace qui perdure, ce que les yeux voient du hall d’entrée : photos de la première et de la dernière maison de l’écrivain en vis-à-vis, qui enracinent dans ce musée la Maison de Colette)
– médias traditionnels et les nouvelles technologies de l’image ou du son…