Le projet de réhabilitation

Une maison d’écrivain offre au public la possibilité d’une rencontre unique avec un artiste basée sur l’émotion et les sensations. Au contact des objets et des lieux qui ont nourri son œuvre, le visiteur retrouve sa présence et entre dans l’intimité de la création littéraire.

Cas unique parmi tous les lieux qui, en France, bénéficient du label « Maison des Illustres »1 , la maison natale de Colette fut conservée par l’auteur, toute sa vie. Mieux encore, elle en a fait le personnage essentiel de toute son œuvre.

C’est une « maison-livre », pour reprendre les mots du journaliste et écrivain Jérôme Garcin, un lieu d’inspiration où chacun peut se ressourcer.

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Un lieu où souffle l’esprit de Colette


Contrairement à une idée reçue, l’enfance de Colette ne fut pas paysanne. Le Capitaine et Sido, ses parents, cultivant la différence, incarnaient, dans une société encore largement conservatrice, une « certaine France »2 , laïque, républicaine, éprise de culture.

En poussant la porte cochère « à gros verrou de geôle ancienne », le visiteur replongera dans l’atmosphère d’une maison bourgeoise de la seconde moitié du XIXe siècle et redécouvrira maison et jardins tels que Colette les a connus dans son enfance et tels qu’elle les a si bien décrits dans Claudine à l’école, La Maison de Claudine ou Sido, entre autres.

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Le décor est encore intact, malgré les avanies du temps. L’architecture des pièces, leurs planchers, leurs boiseries, leurs cheminées en marbre… jusqu’à la grille du fond du jardin « emportée et brandie en l’air par les bras invincibles d’une glycine centenaire… ».
Tout est là et n’aspire qu’à revivre : la bibliothèque du Capitaine Colette, ses beaux livres « leur présence, leur odeur, les lettres de leurs titres et le grain de leur cuir », la chambre de Sido où « une belle araignée des jardins buvait jusqu’à satiété » dans un bol de chocolat, la chambre natale au froid carrelage rouge, la cuisine lieu de toutes les gourmandises… et, bien sûr, le jardin où Colette apprit à connaître et à observer plantes et bêtes.

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Experts et spécialistes auront à cœur de faire renaître, le plus fidèlement possible, sans interventions muséographiques tapageuses, ces lieux qui appartiennent aujourd’hui – miracle de la littérature !
– à notre imaginaire collectif.

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Ressentir la présence de Colette


Loin d’une muséographie figée, la visite de la maison propose une visite guidée propre à mieux cerner l’atmosphère de la vie familiale. La maison sera ouverte le week-end en hiver et tous les jours d’avril à octobre, aux mêmes rythmes que le musée.

Le public aura accès à la majeure partie des pièces habitées de la maison et aux jardins (jardin du haut et jardin du bas). La visite se fera par petits groupes de 10 à 15 personnes accompagnées d’un guide, de façon à éviter – comme à Nohant (George Sand), à Vulaines-sur-Seine (Mallarmé) ou à Monk’s House en Angleterre (Virginia Woolf) – fils et barrières qui rompent toute intimité, laissant le contact visuel immédiat avec meubles, tableaux, livres…(bien sûr, avec les dispositifs de sécurité nécessaires).

Cette reconstitution est rendue possible grâce aux documents notariés et aux nombreux textes de Colette. Tous les objets choisis évoqueront le passage des occupants qui sembleront avoir quitté un instant les pages des livres pour retrouver les lieux réels de leur existence.

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Dans le même esprit, l’architecte retenu et son équipe s’attachent d’ores et déjà à reconstituer l’habitation que Colette a connue : lors des études préalables, la stratigraphie a permis de retrouver sous diverses couches les couleurs et les papiers peints d’origine, l’intervention de la paysagiste, historienne des jardins, a permis de reconstituer l’organisation originelle des espaces et des plantations…

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Pour compléter cette atmosphère, un soin tout particulier sera apporté aux éclairages qui devront être aussi proches que possible des « lampes » utilisées à la fin du XIXe siècle.

La cuisine elle aussi sera opérationnelle de façon à y recevoir des jeunes pour y suivre des cours sur l’éducation du goût (voir « Projet pédagogique » p. 16)

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